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aloyse brunsperger

Neuf-Brisach, ville de Garnison par Aloyse Brunsperger (4)

29 Juillet 2020 , Rédigé par reporter68 Publié dans #2020, #Le 9ème RG à Neuf-Brisach, #Caserne Abbatucci, #Aloyse Brunsperger, #Neuf-Brisach ville de garnison, #Alsace, #Drôle de Guerre, #Ligne Maginot, #142ème RI, #28ème RIF, #Sapeurs du Génie, #Neuf-Brisach, ville de Garnison par Aloyse Brunsperger (4)

Ils ont marqué la terre

De travaux prodigieux

Routes-chemin de fer

Et Ponts vertigineux

Dans la Paix dans la Guerre

Au chantier comme au feu

Au cœur de la bataille

Ou quand le ciel est bleu

Dans les Glaces ou à l'Equateur

Partout et toujours, il y a des Sapeurs

 

 

    Aujourd'hui nous sommes dans la quatre vingtièmes années après Mille neuf cent trente neuf.

          Comment sommes-nous, en Europe, arrivés à ce conflit extrêmement pénible pour l'ensemble des pays de cette Europe qui avait à peine digéré l'affreuse guerre de 1914/18, la première guerre mondiale ? La "DER des DER" ainsi nommée par les soldats de 1918.

          Certes, le traité de Versailles de 1919 était très dur pour l'Allemagne, trop dur. La France en a aussi beaucoup souffert.

          Connaissant tout ce que peut arriver pendant une guerre que ce soit en France ou en Allemagne, comment les Gouvernements sont ils arrivés à déclencher une guerre, aussi une guerre mondiale, à peine vingt ans après la première.

          Pour nous en Alsace, cette guerre sera d'emblée une catastrophe immense. Il nous restait ça et là des personnes nées sous Napoléon III, des grands pères, leur père avait été soldat français. Les pères, pour la plupart avaient été soldats allemands de 14 à 18 et maintenant, les fils seront soldats français. ...

          Un grand problème s'est fait jour dès 1922. Le gouvernement français, s'est rendu compte que la frontière avec l'Allemagne est très difficile à garder.

 La ligne MAGINOT a vu le jour aux environs de 1928-30.

 

 

Des casemates en béton ont été construites tout le long de la frontière avec l'Allemagne.

 

          Les unités militaires, stationnées aux environs de la frontière ont été instruites pour l'utilisation des armes dont les casemates étaient équipées.

La France vivait aussi bien que possible. Les ouvriers ont reçu des jours de vacances payées. Des grèves importantes étaient organisées au fil des ans...Etc.

          L'armée avait encore beaucoup de matériel de la guerre 14/18 en bon état. Ces engins étaient périmés, les chars, les canons d'artillerie, les avions ...etc. Les chevaux étaient encore les moyens de transport.

Certes, quelques avions ont été livrés, aussi quelques chars d'assaut. Si les avions avaient déjà des postes radio équipés pour la diffusion parlée des messages, les chars en avaient mais le Chef de Char devait pouvoir comprendre l'alphabet morse.

 

          Notre gouvernement était bien axé sur l'intérêt social, mais l'armée n'a guère évoluée.

          L'Allemagne subissait des graves ennuis et le peuple avait beaucoup de peine à survivre.
           Dès 1919, Hitler, caporal pendant la guerre 14/18, autrichien de naissance, a créé un parti politique socialiste. Celui-ci a été apprécié et a grandit au fil des ans.

Il sera élu Chef du Gouvernement d'Allemagne en 1933 et se fera appeler "FÜHRER". Il a mis cette Allemagne dans une situation obligeant les habitants à le suivre, sauf ceux de religion juive.

 

                                        ------------------------------------------------------------------
 

Le régiment logé à Abatucci était le 142°Régiment d'Infanterie. Avec l'arrivée des réservistes, une deuxième unité a été créée: le 28°Régiment d'Infanterie. Immédiatement, ces deux régiments ont été appelés: Régiment d'Infanterie de Forteresse (RIF).

 

Les habitants des villes et villages près de la frontière allemande ont été tenus de quitter leurs biens. Ceux qui n'ont pas trouvé à se loger en Alsace, ont été déplacés dans le Sud-Ouest de la France. Les Néo brisaciens ont trouvé refuge à Meilhan sur Garonne en Lot et Garonne.

          Hitler avait aussi fait construire une ligne de casemates le long de la rive gauche du Rhin. Elle a été appelée Ligne SIGFRIED. Les civils allemands, proches de la Ligne ont aussi été dirigés vers l'intérieur du pays. Les habitants de Breisach ont été emmenés en Bavière.

          Les casemates étaient aussi équipées d'un téléphone. Les câbles étaient le plus souvent mis sur des poteaux, donc extrêmement vulnérables. Il n'y avait pas de poste radio. Par contre, les fantassins (bataillons pyrénéens), hors des casemates étaient équipés d'un émetteur-récepteur seulement utilisable en alphabet MORSE.

          L'armée française a immédiatement équipé les environs de cette ligne Maginot de beaucoup de canons à calibres différents, certains traînés par des chevaux, d'autres par des tracteurs anciens de 14/18 (10 km à l'heure). Bêtes et tracteurs sont restés au village de Widensolen.

          Les canons et leurs équipages étaient installés dans les forêts de Widensolen, Durrenentzen. Les canons de la division locale étaient dans la forêt de Wolfgantzen.

 

Les soldats de nos deux régiments étaient dispersés dans les casemates, environs 30 soldats et un officier. L'officier avait une pièce, bureau et logement et un téléphone. Les soldats étaient partagés en tiers, soit trois fois dix. Une dizaine était de service. Le fait est qu'il existait seulement vingt places pour coucher. 

          Au début de cette guerre, l'ennemi (les allemands) n'étaient pas très violents, les français non plus. C'était la DRÔLE de GUERRE.

          Il y avait des exercices, particulièrement pour les tirs au canon (éventuels), aussi des instructions pour l'utilisation du masque à gaz, etc...

          Les ravitaillements des casemates se faisaient par des petites chenillettes conduites par un conducteur et un chef de voiture. Les deux hommes étaient couchés dans la chenillette pendant les transports. Le ravitaillement était dans une remorque que l'équipage pouvait détacher du véhicule à partir du tableau de bord.

          A cette époque, il existait beaucoup de lapins sauvages ou encore de lièvres et faisans. Le repas était souvent amélioré par ces animaux grillés au feu de bois. Le garde-chasse d'un bout de terrain a récupéré plus d'un kilomètre de fils de fer dans l'après-midi. Le fil de fer était le meilleur moyen pour attraper les petites bêtes. Plus tard, l'armée lui a interdit son entrée dans la forêt qui était équipée de canons et les munitions ne manquaient pas.

          Le 10 novembre 1939, un ballon d'observation s'est élevé sur le territoire d'Appenwihr, au début de la forêt. Cet appareil, retenu par terre, était dirigé par deux officiers observateurs qui devaient renseigner les artilleurs des canons de très gros calibre déplacés sur voie ferrée, installés dans la forêt. La locomotive devait être en état de marche en cas de tirs.

          Subitement, quatre avions allemands en provenance de Colmar, direction le Rhin, sont sortis d'un nuage. Quelques tirs de mitrailleuses et...le ballon était en feu. Un des officiers a été gravement blessé et est mort des suites. Il est le PREMIER MORT de la Huitième Armée. Un monument sur le coté de la route en direction de Appenwihr, venant de Wolfgantzen rappelle cet événement, et aussi la première intervention d'avions allemands.

L'hiver 39/40 était très froid mais il y avait bien du bois dans la forêt.

          Rien de particulier pendant cet hiver.

Voilà que les Allemands passent par le Luxembourg, la Belgique pour arriver en France à partir du 10 mai 1940.

Les deux unités d'artillerie qui n'étaient pas de la division ont été rappelées et dirigées vers l'ennemi.

          Ici, rien de spécial. Les jours passent comme depuis septembre 1939.

Cette attaque allemande était d'une rapidité impensable. La ville de PARIS a été occupée par les Allemands le 14 juin.

A partir du dix juin, les sentinelles rendaient compte de bruits importants venant d'Allemagne. Le commandement n'a pas réagi.

          Par contre, les "Sauvegardes' des villages, aussi de Neuf-Brisach; ont été mis dans l'obligation de quitter rapidement leurs lieux de contrôles.

          Nous voici au 15 juin 1940 à NEUF HEURES précises, les canons ennemis ont donné tout leur possible. De notre coté, il ne restait que les quelques pièces. Cette petite quantité d'armement lourd ne pouvait pas répondre en force aux tirs allemands. Les casemates de la ligne Maginot ont été visées à fond. Certaines ont été démolies. Même des avions se sont acharnés sur certains ouvrages. Inutile d'ajouter que ce branle-bas de combat a causé des morts.

 

        

Rapidement, est arrivée l'heure de quitter les casemates et de se diriger vers les Vosges. Le 28° RIF s'est rendu dans la vallée de Munster. Il est intervenu à plusieurs endroits. Son Colonel a compris qu'il n'est plus possible de combattre l'ennemi, a fait brûler le Drapeau du Régiment. Il a en a gardé un bout.

          Les soldats du 28°RIF ont été fait prisonniers dans les Vosges.

        

          Un monument est installé à l'endroit où le Drapeau a été détruit par le feu, sur les hauteurs des Vosges. Les anciens de cette unité ont aussi implanté un monument à la mémoire de leurs camarades morts au combat.

Ce souvenir est installé sur le terrain d'une casemate

tout à fait au bord du Rhin au village de Vogelgrun.

 

                                      

 

                             

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Neuf-Brisach ville de garnison par Aloyse Brunsperger (3)

19 Juillet 2019 , Rédigé par reporter68 Publié dans #2019, #Aloyse Brunsperger, #Vauban, #9ème RG, #Neuf-Brisach, #forteresse Vauban, #Louis XIV, #Louis XV, #Brysach, #1699, #Sébastien le Prestre, #caserne Abbatucci, #Michel Marsal, #1703

Dans le cadre « Neuf-Brisach et le 9ème RG » Monsieur Aloyse Brunsperger, mémoire Vivante de l’Histoire de Neuf-Brisach, qui fut le berceau pendant 30 ans de notre régiment : le 9ème RG. nous ouvre ici un 3 ème volet cette ville de garnison , chère à Vauban., NEUF-BRISACH

                                                                                  

 

 

Dans les tranchées de l'Est

Dans les sapes à Verdun

Joffre allait souvent voir

Les Sapeurs de Mangin

C'étaient des dignes pères

Des pontonniers du Rhin

Ils ont gagné leur guerre

Nous montrant le chemin

Qui conduit tout droit à l'honneur

C'est notre route à nous les sapeurs

 

Neuf-Brisach est donc une FORTERESSE !

Nous sommes en 1699 !​​​​​​​

 

 

      Les forteresses sont faites pour défendre la Patrie et par voie de conséquence de loger des SOLDATS, aussi de les faire vivre.

      La construction des Remparts a été terminée rapidement. Vauban a pu signaler à son Roy et Maître, que la garnison peut soutenir un siège de six semaines dès 1703.

         Evidemment, les constructions étaient loin d'être terminées.

 

        C'est dans cette année (1703) que le Roy a envoyé des soldats reprendre la forteresse de BRYSACH. La troupe était sous le commandement du Duc de Bourgogne, petit-fils de LOUIS XIV avec le Maréchal TALLARD, en fait, Tallart était le réel commandant. Monsieur VAUBAN, Maréchal de France, y était aussi, c'est lui qui avait remis Brysach en possibilité de supporter un siège.

           

​​​​​​​

      Le Duc de BOURGOGNE s'est adressé à Vauban : "Monsieur le Maréchal, il faut que vous perdiez votre honneur devant cette place; ou nous la perdrons et l'on dira que vous l'avez mal fortifiée, ou nous échouerons et l'on dira que vous m'avez mal secondé.

           

     Vauban a répondu: «Monseigneur, on sait comment j'ai fortifié BRYSACH mais on ignore, et l'on le saura bientôt, comment vous prenez les places que l'ai fortifiées".

 

           

     BRYSACH capitula le 13° jour, Louis XIV, le Roy, ordonna des réjouissances à Paris, avec en plus le chant du "TE DEUM" dans l'église de Paris.

                             

    Bravo pour cette victoire!

           

    Pour Neuf-Brisach, cette victoire a évité...empêché... la construction de la partie prévue pour un canal pris sur le Rhin, pour un moulin, pour une ferme...etc.

    Ces installations devaient permettre de nourrir les soldats de la garnison en cas de siège

           

     De ce fait, la Porte de Belfort n'a jamais été reliée à une route comme les trois autres.

 

Il n'est pas impossible qu'une sortie de la Porte de Belfort ait été mise en place à une certaine période car un historien allemand a écrit qu'après 1870, les Allemands ont enlevé les restes de ce passage?

           

     Vous savez probablement que Vauban s'appelait de naissance: SEBASTIEN LE PRESTRE

 

 

   Il est devenu Monsieur VAUBAN, en fait Maréchal VAUBAN, après une sollicitation au Roy Louis XIV, dans laquelle il écrit que l'ancien a (aurait) besoin d'un Bâton.

 

     En fait, Vauban est célèbre pour les forteresses qu'il avait le don de faire construire en France, en Belgique, en Hollande et en Allemagne.

 

(Tous ces territoires étaient sous la coupe du Roy de France. Beaucoup de forteresses existent encore ce jour ) .

 

 

     Vauban était aussi une personne ayant des visées importantes. C'est lui qui a fait admettre des bons repas pour les soldats de l'époque.

 

     C'est encore lui qui adressa au Roy toute une étude concernant l'impôt demandé aux Français. Les Nobles et le clergé en étaient exempts.

 

     Le Roy n'a pas accepté ce projet mais il a mis son fidèle serviteur passablement à l'écart.

 

           

     Vauban a aussi laissé des belles phrases pour rendre les HOMMES attentifs à certains aspects concernant les relations Hommes-Femmes.

 

     Chers Camarades, Anciens du 9...Vauban est certainement de bons conseils. Alors, méfiez-vous ???

 

 

     Comme tous les hommes, Vauban est parti pour toujours. Ces constructions sont encore pour beaucoup en relativement bon état.

           

    C'est le cas de notre forteresse. Par contre, ce brave homme ne s'y trouverait plus à l'intérieur. Par exemple, les casernes se sont transformées, tous les bâtiments militaires ont disparu.

 

     Le seul terrain encore militaire est celui occupé par la Gendarmerie Nationale. Elle est installée sur la place retenue pour le dépôt d'artillerie.

 

     Au même endroit est enterré le Chef d'Escadron Michel Marsal qui a commandé l'artillerie de la forteresse en 1870.

      Il a été grièvement blessé par un éclat d'obus, est mort et a été enterré dans son dépôt d'artillerie.

 

       Les Allemands de l'Empereur lui ont posé une pierre tombale. Ils ont aussi ouvert les murs coté rue de Belfort et rue Michel Marsal, afin que les passants puissent voir la tombe.

 

      Un historien allemand a écrit dans son livre: ("C'est ainsi que les Allemands traitent leurs ennemis???)

 

      Il me faut aussi ajouter que les hitlériens ont respecté le lieu.

 

       Pendant très longtemps, de 1919 soit jusqu'après le départ de votre régiment, la tombe a toujours reçu l'honneur militaire le 2 novembre:

      "Détachement militaire et dépôt de gerbe, en présence des Anciens Combattants et souvent des enfants de l'école primaire".

      Depuis, cette sépulture est toujours bien entretenue et aussi fleurie les 2 novembre par le Souvenir Français.

 

                      Tombe du commandant Marsal, entretenue par la Souvenir Français, ici Bernard Richir, ancien du 9, redore les lettres     

 

        Après les départs de Vauban, puis de Louis XIV. Sous le nouveau Roy, LOUIX XV, la population de Neuf-Brisach, civile et militaire, a beaucoup souffert.

               

                 

                             

    Un nombre important d'humains est mort d'une maladie encore inconnue qui n'a pas été détectée à l'époque.

 

     Vers l'année 1730, un médecin a accusé les douves remplies d'eau, de boue où pourrissaient les herbes.

 

     Un canal, la Rigole de Widensolen, a été creusé pour évacuer cette eau venant de la région de Mulhouse qui avait bien aidé à la construction mais qui était bien dangereuse par la suite.

           

      A cette époque, Neuf-Brisach pouvait se développer.

           

       Les soldats présents étaient évidemment de bons clients? De ce fait, le commerce a vu ses beaux jours.

           

       Louis XIV avait déjà autorisé deux marchés par mois, les premier et troisième lundi des mois .           (Toujours en usage en 2019).

 

       Les éleveurs ou les agriculteurs des environs venaient y vendre leurs produits.

 

       Depuis l'installation des grandes surfaces du commerce, ces marchés ne sont plus aussi fournis ou visités.

 

       Un marché de légumes est aussi autorisé tous les vendredis. Les vendeuses étaient toujours des épouses d'agriculture des environs de la ville.

 

        Il existe encore, mais en plus modeste. La commune a autorisé un marché de légumes, etc.…les samedis matin.

           

 

        Vous savez que LOUIS XIV était le Roy très catholique. Vous savez que Vauban a prévu tout un quartier pour y faire construire l'église de la garnison, de la ville. Bonne idée. Mais ce ROY très catholique n'a pas donné l'argent pour la construction. D'où, pas d'église importante dans cette nouvelle agglomération.

 

        En fait, les cérémonies religieuses avaient lieu dans une grande baraque.

           

        Sous LOUIS XV, vers 1732, un architecte de Strasbourg a fait une proposition pour la construction d'une église. Elle a été acceptée et par le Roy et par la commune. Pour le payement de cette construction, LOUIS XV n'a pas donné un sou. Par contre, il a accordé à la ville d'élever les factures de l'OCTROI.

 

 

       L'octroi était un moyen simple pour récupérer de l'argent.  Les fournisseurs de marchandises, entrant ou sortant de la ville, devaient payer une taxe. Cette taxe a encore été demandée jusqu'en 1939, lors de l'évacuation de la population.

 

     C'est en 1732 que Monsieur le Curé de HEITEREN, représentant l’évêque de Bâle est venu poser la première pierre. La construction a mis un temps certain car la bénédiction par l'évêque de Bâle a seulement eu lieu en 1752.

           

       Toujours sous LOUIS XV, les ponts (deux par porte) ont été sérieusement renforcés. A l'origine, ils étaient en bois. Les passages des chevaux aux pattes ferrées et les voitures à roues de fer avaient pu rapidement user et détériorer ces planches. Au fil des temps, les planches avaient été garnies de sable qui devait maintenir des pierres. Vers 1770, on construira, cette fois, des ponts en bonne matière. A chaque douve a été construit un pont en pierres, soit deux par Porte, total six car la Porte de Belfort n'a pas été équipée.

 

Un seul existe encore en 2019. C'est le premier en sortant de la Porte de Colmar. Les cinq autres ont été dynamités en février 1945 par les Allemands. Le premier en sortant de la Porte de Strasbourg a été reconstruit à l'identique.

Votre Régiment, le 9° Génie a mis en place un pont BELAY permettant le passage pendant les travaux

 

      Et le temps passe! 

      Voilà que notre Gouvernement réduit la quantité de soldats. Abbatucci, cette belle caserne se transforme au fil des temps en maisons d'habitations. En 2019, il reste un pavillon non utilisé.

 

      Y-a-t- il un Preneur...en souvenir de son séjour de soldat ?  

 

                                                                 ****         FIN       ****

 

                                                             Aloyse Brunsperger © 7/2019 

 

         Grand Merci à vous Monsieur Brunsperger pour ce N° 3, peut-être un N° 4 ....à venir ?

 

                                  Crédit photos : 1-2-3-4-6-7-8 -10 Internet - 5 archive perso - 9 -C.A Eck 10 A. Bosse

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Neuf-Brisach ville de garnison par Aloyse Brunsperger (2)

29 Mai 2019 , Rédigé par reporter68 Publié dans #Neuf-Brisach, #2014, #casernes Neuf Brisach, #Aloyse Brunsperger, #Neuf-Brisach et le 9ème RG, #2019, #Vauban, #archives, #Henri Lavigne 96eme BG, #Henri Guez 96 ème BG, #96 ème Bataillon du Génie, #Neuf-Brisach ville de garnison

 

 

Dans le cadre « Neuf-Brisach et le 9ème RG » Monsieur Aloyse Brunsperger, mémoire Vivante de l’Histoire de Neuf-Brisach, qui fut le berceau pendant 30 ans de notre régiment : le 9ème RG. donne suite à son récit de mars dernier, dont voici le lien:

 

http://anciens9genie.overblog.com/2019/03/neuf-brisach-ville-de-garnison-par-aloyse-brunsperger.html

 

A Wagram en héros

Devant leur Empereur

Ils franchirent le Danube

Et ils furent vainqueurs

Plus tard sauvant l'armée

A la Bérézina

Ils donnèrent leurs vies

Et ne marchandais pas

C'étaient les pontonniers d'Eblé

Nous sommes fiers de leur succéder

 

             Nous savons que Le Maréchal Vauban a rendu compte à son Roy en 1703 que cette nouvelle forteresse est déjà capable de supporter un siège de six semaines.

            Le fait est que les travaux de construction ont été menés très rapidement. Il faut quand même admettre que les constructions internes, casernes, dépôts militaires, maisons d'habitations étaient loin d'être ce que vous avez pu voir pendant votre séjour.

            Les endroits très stratégiques, tels que les soutes où parquer la poudre et les munitions devaient être achevées ou bien encore celles du stock des vivres et de la cuisine. (Il n'y avait ni congélateurs, ni conserves!).

            Par la suite, il a été construit quatre casernes. Vauban avait prévu 2500 soldats en temps de paix et 5000 en temps de guerre. Ces bâtiments se trouvaient en biais dans l'espace entre les Portes. L'Armée possédait des surfaces importantes de terrain. (La Place d'armes, l'arsenal, le dépôt d'artillerie, la maison du Commandant de la garnison, le PC du commandant de la garnison, des écuries de chevaux, des endroits ou stocker les foins) etc...

 

 

Les casernes:

            J'ignore laquelle a été construite en premier, tout comme j'ignore laquelle a été la première mise à la disposition des soldats.

            Vauban avait bien prévu les emplacements, à savoir:

Entre la Porte de Colmar et celle de Belfort

Entre la Porte de Belfort et celle de Bâle

Entre la Porte de Bâle et celle de Strasbourg

Entre la Porte de Strasbourg et celle de Colmar

 

            Jusqu'en 1919, elles étaient simplement nommées par leur affectation à une arme, soit: Artillerie, Infanterie, Cavalerie.

            En 1919, chacune a reçu le nom d'un Chef Militaire par l'administration militaire française.

Porte Colmar-Belfort: la Caserne de BERCKHEIM

Porte Belfort-Bâle: la Caserne MOLL

Porte Bâle-Strasbourg: la Caserne FERBER

Porte Strasbourg-Colmar: la Caserne SUZZONI

 

Où est donc ABATUCCI? ... VOTRE CASERNE ???

            Lors de la guerre de 1870, la forteresse a été prise par les Allemands. En 1871, lors du Traité de Versailles, l'Alsace a été donnée aux Allemands.

            L'Alsace est restée allemande jusqu'au Traité de Versailles en 1919.

            Les Allemands ont évidemment utilisé les casernements et les constructions militaires trouvées sur place.

            D'abord, ils ont réparé les quatre bâtiments surtout celui qui a reçu le nom de SUZZONI qui a été particulièrement détruit en 1870

 

Par la suite, à partir de la fin de 1890, ils ont fait construire bien des nouveaux bâtiments dans la forteresse, grenier à foin pour les chevaux, maison à deux étages pour le commandant de la Place, aussi des fortins en dehors.

             Un nouveau casernement a été construit sur le terrain du bâtiment entre la Porte de Strasbourg et celle de Colmar. Il a servi, d'abord aux personnels d'une batterie du 66° Régiment d'Artillerie Badois, par la suite comme logements pour les cadres de l'école de sous-officiers.

            En 1919, le commandement français lui a donné le nom du Général MAC MAHON. (Il est simplement nommé MAHON) Il a été employé différemment selon les besoins, aussi, avant guerre pour les Gardes Mobiles et leurs familles. Après février 1945, il a été mis à la disposition des familles sans logements. Aujourd'hui, en 2019, le service du Trésor Public (Perception) s'y est installé ainsi qu'un atelier.

Pour votre caserne, Abatucci, il fallut attendre.

            Dès la fin du 19°siècle, le commandement militaire allemand avait de grands soucis. Il fallait organiser la défense de l'entrée en Allemagne.

            A l'époque, pour se rendre en Allemagne à partir de Neuf-Brisach, il y avait un pont ferroviaire construit en 1878 et le pont bateau sur le Rhin.

            Pour sécuriser ces deux possibilités, les Allemands ont fait construire des casemates importantes, tout autour de Neuf-Brisach, sur les terres de Biesheim, Algolsheim, Heiteren, Obersaasheim, Geiswasser.

(Souvenez-vous de l'endroit où étaient entreposées vos munitions, route de Heiteren. C'est la seule casemate de la série que l'armée française a gardée pour son service).

            Ces défenses étaient même équipées de canons grand calibre. Le fort de Heiteren a même été doté d'une piste d'atterrissage pour avions.

            Très prudents, les Allemands ont ajouté des fortins en nombres importants tout autour de la forteresse mais à distance plus grande. Ils devaient tout simplement être les sentinelles en cas d'avance de l'ennemi.

            Pour garder l'importance de ces lieux de défense il faut des soldats et bien sur, il faut les loger.

            Il n'est évidemment pas question de construire une, des, casernes, dans la forteresse. Alors...?

            Le village de Volgelsheim avait déjà donné de son terrain pour Neuf-Brisach. Il appartenait jadis au Duc de WURTEMBERG/MONTBELIARD, représentant de l'Empereur du Saint Empire Germanique qui siégeait à Vienne en Autriche. Ce village avait encore beaucoup de terrain pour y faire construire une caserne, habitations et salles à manger pour les gradés.

            Les bâtiments que vous connaissez ont été construits rapidement peu d'années avant la guerre de 1914. Un régiment d'infanterie, le 172°IR (et non RI) a été installé dans cette nouvelle caserne.

            C'est ainsi que vous avez trouvé un établissement moderne: toilettes, chauffage, grande cour, salles de réunion, cuisine, réfectoire, foyer et en plus un terrain important pour les rassemblements des compagnies, aussi pour parquer éventuellement des véhicules. Il est certain que les Allemands d'avant 1914 n'étaient pas équipés grandement en véhicules à moteur. Il fallait aussi des écuries pour les chevaux, des lieux pour emmagasiner les foins.

           

 

            Pendant la guerre de 14/18, rien de particulier, sauf que l'armée allemande a occupé le terrain entre le canal du Rhône au Rhin et la route menant à Biesheim pour y aménager la maintenance des matériels nécessaires à leur armée des Vosges. Ils ont relié par voie ferroviaire ce grand magasin à la gare de Volgelsheim. Ce terrain a aussi été protégé par des casemates dotées de canons antiaériens.

            Ce sont les prisonniers de guerre RUSSES, secondés par des prisonniers Anglais et après 1917 encore par des prisonniers Roumains. Les soldats des trois nationalités ont été traités différemment selon la nationalité. Une vingtaine d'Anglais, trois Russes et deux Roumains (quelques Roumains ont été transférés au cimetière des Soldats Roumains dans la vallée de Munster)  sont enterrés au cimetière communal.

            L'armée allemande a aussi aménagé un terrain en ces lieux pour les avions de maintenance.

             En 1916, lors d'un passage d'avions français et anglais, un pilote allemand, puni, interdit de vol, est monté dans un engin et a abattu quatre avions français et deux anglais. (Sous Hitler, il a été le Général, chargé de la maintenance des aéronefs. Il est mort par accident, après une entrevue avec Hitler en personne).Deux pilotes Français sont enterrés au cimetière communal.

 

 

La caserne a été vidée de ses soldats immédiatement après la signature de l'Armistice. Rien de particulier n'est resté en mémoire de la population si ce n'est le départ de toutes les familles allemandes dont celle de Monsieur le Maire, allemand de naissance.

            Le 21 novembre 1918, les premiers soldats français sont entrés dans la forteresse. C'était un Bataillon du 4° Régiment de cuirassiers.

            Le Général de Division HERR, né à Neuf-Brisach en 1855 est venu saluer son lieu de naissance. Pour le centenaire de sa visite, Monsieur le Maire de la ville et des Anciens Combattants de toutes les associations locales sont allés lui rendre hommage devant sa tombe à Pont de Roide (Doubs) le 21 novembre 2018.

 

http://anciens9genie.overblog.com/2018/11/21-novembre-2018-hommage-au-ceneral-herr-a-pont-de-roide.html

 

Entre 1918 et 1939, les soldats français, vos Anciens, sont restés bien plus longtemps que vous dans cette caserne. Le service obligatoire était de durées différentes, surtout après 1933. Les unités ont changé de lieux ou de nominations.  Après le 4° cuirassiers est venu un bataillon du 152°RI de Colmar, puis le 42°RI qui a changé de nom pour être le 42°RIF, Régiment d'Infanterie de Forteresse. En 1939, avec le rappel des réservistes, cette unité a formé un nouveau régiment, le 28° RIF.

            Ces deux régiments, dont les sections ont été affectées dans les casemates de la Ligne Maginot ont subi l'assaut allemand du 15 juin 1940. Ils ont résisté mais n'ont pas pu éviter le passage du Rhin aux ennemis. Un nombre important de ces fantassins a été blessé, bien des morts sont à déplorer. Les corps ont été rendus aux familles. Les survivants ont été fait prisonnier dans les Vosges.

             Le Colonel de 28°RIF a fait brûler le Drapeau du régiment dans les Vosges. Un monument rappelle l'évènement. Un autre monument en mémoire des morts du régiment a été installé au bord du Rhin sur le territoire de la commune de Vogelgrun, devant le fort qui devait sécuriser le passage sur le pont- bateau du Rhin. 

 

Abatucci était vide, mais est resté en très bon état pendant les combats des 15 et 16 juin 1940.

 

Le 16 juin, les Allemands étaient à Neuf-Brisach...mais aussi à Paris depuis le 14 juin. Ils ont lancé une offensive très importante, en plus de celle du Rhin, de Nancy en direction de Pontarlier. Ils ont fait prisonnier des MILLIERS de soldats français, aussi des soldats Indochinois et même Polonais. Une partie importante a été dirigée sur Abatucci.

            Rapidement, les bâtiments de cette caserne furent surchargés. De ce fait, les derniers arrivants, environs cinquante mille sont restés à l'AIR LIBRE. Des orages sont venus donner leur douche. Inutile d'ajouter que les habits étaient trempés, pleins de boue, sans compter l'impossibilité de se laver, etc...

            Le Général de Saint Céran, le seul Officier général restant à Neuf-Brisach, a pu intervenir auprès des Allemands pour que ces malheureux prisonniers puissent avoir un toit pour se protéger des intempéries.

            Neuf-Brisach, la ville, était ENTIÈREMENT vidée de sa population. Les Allemands ont accepté. Le Général a rassemblé des Officiers pour organiser les possibilités de logements pour tout ce monde. (Petit rappel: Vauban avait prévu : cinq mille soldats en temps de guerre et deux mille civils).

            Cette quantité de prisonniers a aussi surpris les Allemands. Ils n'avaient pas tout le matériel nécessaire pour faire vivre correctement autant de personnes.

            Le séjour était plutôt pénible. La soif a laissé de mauvais souvenirs, même l'eau était extrêmement limitée. Par suite de la quantité d'excréments des occupants, la boisson de l'eau des pompes a été interdite.  Deux litres par jour par homme ont été livrés. La Croix Rouge Française est venue leur rendre visite, pas trop souvent.

Ils ont subi le passage d'Adolf Hitler car interdit de sortir du cantonnement.

            Le pont rail a été réparé rapidement, dès lors des trains entiers de ces hommes ont été emmenés en Allemagne, la plupart y est restée jusqu'à en 1945.

            La ville est à nouveau vide d'êtres humains. A partir du mois d'août certaines familles qui s'étaient réfugiées dans les sous Vosges en 1939 ont été autorisées à rentrer chez elles.

            Les revenants ont trouvé tout un carré d'habitations (face à la mairie) entièrement brûlés ainsi que la caserne située entre les Portes de Bâle et Strasbourg. (Actuellement remplacée par deux bâtiments de logements, rue des Déportés).

            Ils ont aussi trouvé leurs biens laissés en 1939 dans des états délabrés. Il est difficile de décrire la chose. Mais, facile à comprendre, si on connait la quantité de personnes hébergées entre vingt et soixante dix, voir plus par logement d'une famille.

 

Neuf-Brisach est à nouveau Allemande, pour la deuxième fois.

            Deux casernes ont été réoccupées et bien sûr tous les bâtiments militaires: PC du Commandant de Garnison, arsenal, dépôts variés et aussi des casemates, etc...

            Une école de sous-officiers a aussi été réinstallée. Lés élèves étaient des soldats ROUMAINS.

            En 1944, une section de retour d'un exercice de posage de mines anti-chars a déposé les engins à l'intérieur du premier bâtiment à droite en entrant, face au PC de l'Officier, Commandant. Le tout a explosé. Il est probable qu'un des élèves a fait un mauvais geste. Il est probable qu'il y avait des morts. Le bâtiment a été très endommagé. Il a été rétabli après la guerre.

            Toujours en 1944, les combats s'approchaient des Vosges, de l'Alsace. La quantité de soldats blessés, ramenés du front était de plus en plus importante. Les Allemandes ont utilisé les deux bâtiments jouxtant la rue de Neuf-Brisach comme hôpital militaire. Ils ont été utilisés comme tel jusqu'en 1946/47.

           

Dans la forteresse, il ne restait donc que deux casernes. Pas pour longtemps, un soldat allemand a, lors d'une fausse manœuvre de nuit, mis le feu au bâtiment entre la Porte de Belfort et celle de Bâle. Les pompiers de la ville sont intervenus. L'artillerie américaine qui n'était pas trop éloignée, en a profité pour régler les tirs. La pompe à bras des pompiers a été touchée par un éclat et a été rendue indisponible. Tout le bâtiment a été brûlé et plus jamais reconstruit. Actuellement, en 2019, le terrain est occupé par quelques maisons individuelles.

           

1945, L'Alsace est à nouveau TERRITOIRE FRANÇAIS. Neuf-Brisach, seulement le SIX février 1945.

            Les troupes françaises occupent une partie de l'Allemagne et de l'Autriche. Les casernes en France sont très peu peuplées, Abatucci aussi.

            Après le départ de l'hôpital militaire allemand, Neuf-Brisach n'avait pas de troupes pendant une petite période. Par la suite est venu le 42° Régiment d'infanterie, cher à la cité. Il n'est pas resté longtemps.

            Et voilà...le Régiment, Numéro NEUF, de cette armée du Génie Français qui s'y est installé pour un grand laps de temps...en fait, jusqu'à la refonte de l'Armée Française.

            Vous, les Anciens du 9, vous avez pu être logé dans des belles chambres à coucher (même s'il fallait faire son lit soi-même...) Vous aviez de l'eau, des toilettes, des chauffages sans compter les salles à manger, foyer, infirmerie, il ne faut pas oublier la taule !

            Vous avez pu voir des films au cinéma de la caserne, aussi un monument en mémoire de VOS Anciens du 96ème Bataillon du Génie, Adjudant-chef Lavigne et le caporal Henri Guez, tués pendant les combats de 1944/45.

 (La pierre a été transférée au village de SUNDHOFFEN  le 8 mai 2002 en présence de quelques Anciens de ce bataillon, village où deux sapeurs ont trouvé la mort en 1945).

quelques photos que vous retrouverez en cliquant sur le lien ci-dessous
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Maintenant en 2019, votre caserne est transformée en habitations civiles avec bien des changements.

 Un seul bâtiment n'a pas encore trouvé le nouveau propriétaire?

 L'ensemble est très agréable à voir et probablement facile d'y vivre.

                                                                                                           Aloyse Brunsperger  4/2019

 

Grand Merci à Monsieur Brunsperger pour cette suite, peut-être un Numéro 3 ???

Fort de Heiteren, zone Caserne Abbatucci, Monument au bord du Rhin du 28ème RIF photos d'Internet
Fort de Heiteren, zone Caserne Abbatucci, Monument au bord du Rhin du 28ème RIF photos d'Internet
Fort de Heiteren, zone Caserne Abbatucci, Monument au bord du Rhin du 28ème RIF photos d'Internet

Fort de Heiteren, zone Caserne Abbatucci, Monument au bord du Rhin du 28ème RIF photos d'Internet

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Neuf-Brisach ville de garnison par Aloyse Brunsperger (1)

26 Mars 2019 , Rédigé par reporter68 Publié dans #Neuf-Brisach, #9ème RG, #Neuf-Brisach ville de garnison, #2019, #Aloyse Brunsperger, #le 9ème RG vu par les habitants de Neuf-Brisach, #9ème Régiment du Génie Neuf-Brisach

Dans le cadre « Neuf-Brisach et le 9ème RG » Nous ouvrons nos pages à Monsieur Aloyse Brunsperger, mémoire Vivante de l’Histoire de Neuf-Brisach, qui fut le berceau pendant 30 ans de notre régiment : le 9ème RG.

                                   

 

          
                               Neuf-Brisach, ville de garnison

                                                                                 par Aloyse BRUNSPERGER

           

             Mesdames et Messieurs les Anciens Sapeurs du 9° Régiment de Génie

 

                                                               Héritiers de Vauban

                                                               Nous sommes les Sapeurs

                                                               De nous ont dit souvent

                                                               Que nous avons du cœur.

                                                               Nos anciens amassèrent

                                                               Tout au long de l'Histoire

                                                               Tant de faits héroïques

                                                                Et de titres de gloire

                                                                Qu'ils ont fait notre renommée

                                                                Toujours nous voudrons la mériter.

 

            Vous avez servi dans ce beau Régiment à des époques différentes. En bon Français vous avez donné quelques mois (12 ou 18 ou plus) pour servir notre Pays.

            Manifestement, la camaraderie issue de ce temps sous les Drapeaux se perpétue dans cette association d'Anciens. Bravo et Félicitations à tous de vous regrouper sous ce Drapeau toujours présents aux cérémonies de la Forteresse...Ville de Garnison.

            Madame Allard, votre fidèle photographe, m'a demandé de vous adresser quelques écrits de l'histoire de ce joyau de Vauban, voulu par le Roy LOUIS XIV.

            Merci à elle de cette sollicitation.

            Je vous propose un résumé de l'existence de votre Garnison, de sa construction, à la période actuelle. Plusieurs articles seront diffusés dans votre bulletin.

 

Et maintenant : LA MAIN DESSUS ...!

 

Connais-tu ce beau village??? NON, ce n'est pas un village quelconque...c'est une FORTERESSE, c'est une ville de GARNISON!

 

                                   Mais d'où viens-tu belle forteresse?

 

            Jadis, après de beaucoup de combats, de tractations déjà conduits par les armées de LOUIS XIII, le ROY LOUIS XIV a reçu l'Alsace en 1648. Il était aussi le Maître du pays de Bade et même au-delà. Il avait demandé à Monsieur VAUBAN, le grand spécialiste en la matière de consolider la vieille forteresse de la ville de BRYSACH datant de l'époque des Romains et avait fait construire une ville à cheval sur les deux rives du Rhin. (Le bâtiment d'une PORTE d'Entrée est toujours en place à BREISACH am Rhein, aussi appelé Vieux Brisach. et est toujours très bien entretenu).

                             

            Louis XIV devait avoir une très grande visée sur cette ville nouvelle car il a installé sur la rive gauche le CONSEIL SOUVERAIN D'ALSACE.

            Seulement; les Dieux de la guerre sont versatiles et voilà que par le Traité de Ryswick en 1697, LOUIS XIV est dans l'obligation de quitter tout le territoire français de la rive droite du Rhin et... en plus, de faire disparaître toutes les constructions installées sous son règne sur la rive gauche du Rhin. Biesheim garde le souvenir de la Ville de Paille. 

                  

=2=

 

            Le résultat de ce contre temps est tout simplement que le Roy de France n'avait plus la possibilité de faire garder la frontière avec le pays de  Bade entre les villes de Saint LOUIS et Schletstatt(Sélestat) , en fait jusqu'à Strasbourg.

            Louis XIV a donc chargé Vauban, son grand spécialiste en la matière, à entreprendre des travaux en vue de l'implantation d'un dépôt de soldats entre les deux villes.

            Vauban, après bien des études a proposé au Roy de faire construire une forteresse non loin du Rhin. Elle pourrait secourir éventuellement le Fort Mortier,(il date des Romains) assez proche du Rhin où l'inverse.

                                                    

            Le Roy a donné son accord.

            La construction n'était pas simple. Dans cette plaine d'Alsace, il n'y avait pas de pierres importantes, ni d'arbres pouvant donnés le bois de construction.

            Que cela ne tienne! Vauban a prévu de faire construire un canal entre les sous-Vosges dans les environs de Rouffach (Haut-Rhin) et le chantier de construction de ???

            L'eau sera déviée du ruisseau appelé : "LAUCH". Une espèce de baignoire en bois, ouverte à l'avant et à l'arrière est prévue pour que les péniches puissent passer au-dessus de la rivière nommée"ILL". Une retenue d'eau est mise en place dans les environs du lac de la LAUCH (vallée de Guebwiller), pour être sûr d'avoir de l'eau toute l'année. A l'arrivée dans les environs de la construction l'eau de ce canal s'infiltrait dans la terre.

            Les soldats de quatre régiments ont creusé ce canal et ont, par la suite, assuré le transport des matériaux.

            Vauban, respectueux de son Roy, lui a demandé quel nom il devrait donner à cette nouvelle forteresse. Louis XIV imposera le nom de NEUF-BRISACH. Généreux, le Roy fait cadeau d'une médaille en or à cette nouvelle place d'armes.

                                                                               

            Celle-ci sera placée sous le rempart de la douve à droite en sortant de la Porte de Colmar. Où ? Inutile d'entreprendre des recherches, les douves ont subies bien des changements, il sera plus facile de trouver une aiguille dans une botte de foin.

            Le Roy a aussi interdit toute autre religion que la religion catholique. Le premier maire de la ville était marié à une dame calviniste. Il a été mis en demeure ou bien de faire baptiser son épouse, ou bien de quitter la ville. Il a quitté. Cette interdiction a duré jusqu'au concordat de Napoléon Premier.

            Pour la construction, l'entrepreneur de la construction a fait venir des HOLLANDAIS. Pour les loger, un petit village a été installé sur les terres de la commune de Volgelsheim. (En souvenir, cette commune a donné le nom de PETITE HOLLANDE à ce territoire. L'appellation est encore maintenue à ce jour).

                                                                     

             Les travaux ont commencé en 1698 et ont avancé rapidement, malgré l'intervention du Général, commandant en chef en Alsace. Celui-ci a affirmé que le bout du canal Vauban  qui passait au-dessus de l'Ill était plus favorable à un ennemi qu'à cette construction.

            L'arrêt de ce passage de l'eau a un peu retardé la construction car il fallait trouver des chevaux, des voitures, des hommes pour amener pierres et bois par la route. Ce transport a nettement élevée la facture. Tant pis!

            Le constructeur criait aussi au secours:"IL ME FAUT DE L'EAU"? A cette époque, il n'existait pas de pompe.

            Un arrangement avec la République de MULHAUSEN (Mulhouse, indépendante regardant vers la Suisse jusqu'en 1789)) a permit de creuser un canal depuis les environs de la ville jusqu'au bout restant du canal Vauban sur la rive droite de l'Ill. Une retenue d'eau a été aménagée dans les environs de OBERHERGHEIM. Ce canal a reçu le joli nom de QUATELBACH (rivière pour patauger).

                                                                                                                      .../...

=3=

 

            Vauban avait pensé à bien des choses toujours bien importantes. Il a prévu, entre autre, un terrain aussi gardé par des remparts qui devait être le lieu d'un moulin à grains, d'une ferme, le tout arrosé par un ruisseau prenant l'eau dans le Rhin.

                 

                                                       

       

     Les travaux de la construction ont été menés rapidement. (La main dessus???) Monsieur Vauban a pu rendre compte à son Roy que la Forteresse de Neuf-Brisach était capable de supporter un siège de SIX semaines dès 1703.

            Il s'agit bien sûr des remparts, douves, portes, casernes et autres bâtiments militaires, mais tout n'étaient de loin pas comme vous, soldats du 9° , avez pu le voir.

            Ne croyez surtout pas avoir vu tout ce que Vauban avait pensé pour donner rapidement cette possibilité de placer une garde importante entre les deux villes (Sélestat et St Louis).

            Vauban a prévu quatre entrées, chacune fermées par une porte en bois (encore visible Porte de Colmar)

            Dehors, se trouvait un PONT-LEVIS qui était relevé les nuits. Des ponts en bois permettaient le passage sur les douves.  Vous avez vu des aqueducs en pierres...Ils ont seulement remplacés les ponts en bois dans les années 1770. (les deux des entrées portes de Strasbourg et Porte de Bâle et celui de la deuxième douve de la Porte de Colmar ont été détruits par la folie de destruction de l'armée allemande en 1945).
           
Celui de la  première douve en sortant de la Porte de Colmar a été SAUVE et est donc le seul restant de l'époque Louis XV. Le premier de la Porte de Strasbourg a été refait à l'identique par les Travaux Publics. Pendant les travaux, votre régiment a mis en place un pont  BELLAY pour permettre aux ouvriers de travailler et aux visiteurs de la ville d'y entrer sans difficultés. (Merci au 9° Génie, à ses chefs, à ses soldats)

                                                                        

            Seules deux entrées (les Portes de Colmar et Belfort existent encore. Celles de Strasbourg et Bâle ont été transformées vers 1909 pour permettre le passage de voitures plus importantes que celles tirées par les chevaux.(arrivée des camions à moteur).

            Louis XIV devait avoir une aide particulière auprès du Bon Dieu. Ses forces militaires ont a repris la forteresse de Brysach en 1703. Vauban, le constructeur des lieux, a dirigé le siège et a très rapidement repris  cette ancienne possession.

            Du fait de la réoccupation de Brysach par la France, il n'a plus été nécessaire de construire cette rallonge de remparts prévue pour le moulin, la ferme et le canal.(photo)

            Monsieur Vauban, de son nom, Sébastien de Prestre de Vauban est mort en 1707. Son Roy l'a suivi en 1715. Qu'ils reposent en Paix.

 

Fantassins, cavaliers

Nos frères de combat

Foncez dans la mêlée

Sans crainte et sans peur

Si le combat fait rage

Surtout ne craignez pas

Les obstacles et les mines

Nous serons toujours là

Pour ouvrir la route

Nous les Sapeurs.

 

                                                                                                                      A suivre...

 

 

 

 

                           Grand Merci à Monsieur Brunsperger, à bientôt pour le suite

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Archives du 9ème RG : Stèle 96ème BG à Sundhoffen

27 Avril 2013 , Rédigé par reporter68 Publié dans #Archives du 9ème RG, #Adj-Chef Lavigne, #96eme BG, #Abbatucci, #Sundhoffen, #36ème BG, #devoir de mémoire, #caporal Guez, #Aloyse Brunsperger, #stèle 96eme BG Sundhoffen, #Hommage, #Souvenir, #Devoir de Mémoire, #2002, #Inauguration

Grand merci à Monsieur Brunsperger qui m'a ouvert ses archives et me permet de publier ces quelques images.

Inauguration de la stèle du 96ème BG (ancêtre du 9ème RG) le 8 mai 2002 à Sundhoffen, cette stèle était initialement sur la place d'armes du Quartier Abbatucci.

Cette stèle est érigée à la mémoire des sapeurs du 96ème Bataillon du Génie tombés pour la libération de Sundhoffen le 1er février 1945 avec à leur tête l'adjudant-chef Henri Lavigne et le caporal Henri Guez.

En présence du Colonel Camus (er) du 96ème BG, Messieurs Huttinger SF, Meyer député, Schuller maire, Mann maire, des autorités civiles et militaires et 4 anciens du 96ème BG sur la dernière photo.

 

Inauguration le 8 mai 2002 à Sundhoffen de la stèle du 96ème BG, ancêtre du 9ème RG, en hommage à l'adjudant-chef Lavigne
Inauguration le 8 mai 2002 à Sundhoffen de la stèle du 96ème BG, ancêtre du 9ème RG, en hommage à l'adjudant-chef Lavigne
Inauguration le 8 mai 2002 à Sundhoffen de la stèle du 96ème BG, ancêtre du 9ème RG, en hommage à l'adjudant-chef Lavigne
Inauguration le 8 mai 2002 à Sundhoffen de la stèle du 96ème BG, ancêtre du 9ème RG, en hommage à l'adjudant-chef Lavigne
Inauguration le 8 mai 2002 à Sundhoffen de la stèle du 96ème BG, ancêtre du 9ème RG, en hommage à l'adjudant-chef Lavigne
Inauguration le 8 mai 2002 à Sundhoffen de la stèle du 96ème BG, ancêtre du 9ème RG, en hommage à l'adjudant-chef Lavigne
Inauguration le 8 mai 2002 à Sundhoffen de la stèle du 96ème BG, ancêtre du 9ème RG, en hommage à l'adjudant-chef Lavigne
Inauguration le 8 mai 2002 à Sundhoffen de la stèle du 96ème BG, ancêtre du 9ème RG, en hommage à l'adjudant-chef Lavigne
Inauguration le 8 mai 2002 à Sundhoffen de la stèle du 96ème BG, ancêtre du 9ème RG, en hommage à l'adjudant-chef Lavigne

Inauguration le 8 mai 2002 à Sundhoffen de la stèle du 96ème BG, ancêtre du 9ème RG, en hommage à l'adjudant-chef Lavigne

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