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drole de guerre

Neuf-Brisach, ville de Garnison par Aloyse Brunsperger (4)

29 Juillet 2020 , Rédigé par reporter68 Publié dans #2020, #Le 9ème RG à Neuf-Brisach, #Caserne Abbatucci, #Aloyse Brunsperger, #Neuf-Brisach ville de garnison, #Alsace, #Drôle de Guerre, #Ligne Maginot, #142ème RI, #28ème RIF, #Sapeurs du Génie, #Neuf-Brisach, ville de Garnison par Aloyse Brunsperger (4)

Ils ont marqué la terre

De travaux prodigieux

Routes-chemin de fer

Et Ponts vertigineux

Dans la Paix dans la Guerre

Au chantier comme au feu

Au cœur de la bataille

Ou quand le ciel est bleu

Dans les Glaces ou à l'Equateur

Partout et toujours, il y a des Sapeurs

 

 

    Aujourd'hui nous sommes dans la quatre vingtièmes années après Mille neuf cent trente neuf.

          Comment sommes-nous, en Europe, arrivés à ce conflit extrêmement pénible pour l'ensemble des pays de cette Europe qui avait à peine digéré l'affreuse guerre de 1914/18, la première guerre mondiale ? La "DER des DER" ainsi nommée par les soldats de 1918.

          Certes, le traité de Versailles de 1919 était très dur pour l'Allemagne, trop dur. La France en a aussi beaucoup souffert.

          Connaissant tout ce que peut arriver pendant une guerre que ce soit en France ou en Allemagne, comment les Gouvernements sont ils arrivés à déclencher une guerre, aussi une guerre mondiale, à peine vingt ans après la première.

          Pour nous en Alsace, cette guerre sera d'emblée une catastrophe immense. Il nous restait ça et là des personnes nées sous Napoléon III, des grands pères, leur père avait été soldat français. Les pères, pour la plupart avaient été soldats allemands de 14 à 18 et maintenant, les fils seront soldats français. ...

          Un grand problème s'est fait jour dès 1922. Le gouvernement français, s'est rendu compte que la frontière avec l'Allemagne est très difficile à garder.

 La ligne MAGINOT a vu le jour aux environs de 1928-30.

 

 

Des casemates en béton ont été construites tout le long de la frontière avec l'Allemagne.

 

          Les unités militaires, stationnées aux environs de la frontière ont été instruites pour l'utilisation des armes dont les casemates étaient équipées.

La France vivait aussi bien que possible. Les ouvriers ont reçu des jours de vacances payées. Des grèves importantes étaient organisées au fil des ans...Etc.

          L'armée avait encore beaucoup de matériel de la guerre 14/18 en bon état. Ces engins étaient périmés, les chars, les canons d'artillerie, les avions ...etc. Les chevaux étaient encore les moyens de transport.

Certes, quelques avions ont été livrés, aussi quelques chars d'assaut. Si les avions avaient déjà des postes radio équipés pour la diffusion parlée des messages, les chars en avaient mais le Chef de Char devait pouvoir comprendre l'alphabet morse.

 

          Notre gouvernement était bien axé sur l'intérêt social, mais l'armée n'a guère évoluée.

          L'Allemagne subissait des graves ennuis et le peuple avait beaucoup de peine à survivre.
           Dès 1919, Hitler, caporal pendant la guerre 14/18, autrichien de naissance, a créé un parti politique socialiste. Celui-ci a été apprécié et a grandit au fil des ans.

Il sera élu Chef du Gouvernement d'Allemagne en 1933 et se fera appeler "FÜHRER". Il a mis cette Allemagne dans une situation obligeant les habitants à le suivre, sauf ceux de religion juive.

 

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Le régiment logé à Abatucci était le 142°Régiment d'Infanterie. Avec l'arrivée des réservistes, une deuxième unité a été créée: le 28°Régiment d'Infanterie. Immédiatement, ces deux régiments ont été appelés: Régiment d'Infanterie de Forteresse (RIF).

 

Les habitants des villes et villages près de la frontière allemande ont été tenus de quitter leurs biens. Ceux qui n'ont pas trouvé à se loger en Alsace, ont été déplacés dans le Sud-Ouest de la France. Les Néo brisaciens ont trouvé refuge à Meilhan sur Garonne en Lot et Garonne.

          Hitler avait aussi fait construire une ligne de casemates le long de la rive gauche du Rhin. Elle a été appelée Ligne SIGFRIED. Les civils allemands, proches de la Ligne ont aussi été dirigés vers l'intérieur du pays. Les habitants de Breisach ont été emmenés en Bavière.

          Les casemates étaient aussi équipées d'un téléphone. Les câbles étaient le plus souvent mis sur des poteaux, donc extrêmement vulnérables. Il n'y avait pas de poste radio. Par contre, les fantassins (bataillons pyrénéens), hors des casemates étaient équipés d'un émetteur-récepteur seulement utilisable en alphabet MORSE.

          L'armée française a immédiatement équipé les environs de cette ligne Maginot de beaucoup de canons à calibres différents, certains traînés par des chevaux, d'autres par des tracteurs anciens de 14/18 (10 km à l'heure). Bêtes et tracteurs sont restés au village de Widensolen.

          Les canons et leurs équipages étaient installés dans les forêts de Widensolen, Durrenentzen. Les canons de la division locale étaient dans la forêt de Wolfgantzen.

 

Les soldats de nos deux régiments étaient dispersés dans les casemates, environs 30 soldats et un officier. L'officier avait une pièce, bureau et logement et un téléphone. Les soldats étaient partagés en tiers, soit trois fois dix. Une dizaine était de service. Le fait est qu'il existait seulement vingt places pour coucher. 

          Au début de cette guerre, l'ennemi (les allemands) n'étaient pas très violents, les français non plus. C'était la DRÔLE de GUERRE.

          Il y avait des exercices, particulièrement pour les tirs au canon (éventuels), aussi des instructions pour l'utilisation du masque à gaz, etc...

          Les ravitaillements des casemates se faisaient par des petites chenillettes conduites par un conducteur et un chef de voiture. Les deux hommes étaient couchés dans la chenillette pendant les transports. Le ravitaillement était dans une remorque que l'équipage pouvait détacher du véhicule à partir du tableau de bord.

          A cette époque, il existait beaucoup de lapins sauvages ou encore de lièvres et faisans. Le repas était souvent amélioré par ces animaux grillés au feu de bois. Le garde-chasse d'un bout de terrain a récupéré plus d'un kilomètre de fils de fer dans l'après-midi. Le fil de fer était le meilleur moyen pour attraper les petites bêtes. Plus tard, l'armée lui a interdit son entrée dans la forêt qui était équipée de canons et les munitions ne manquaient pas.

          Le 10 novembre 1939, un ballon d'observation s'est élevé sur le territoire d'Appenwihr, au début de la forêt. Cet appareil, retenu par terre, était dirigé par deux officiers observateurs qui devaient renseigner les artilleurs des canons de très gros calibre déplacés sur voie ferrée, installés dans la forêt. La locomotive devait être en état de marche en cas de tirs.

          Subitement, quatre avions allemands en provenance de Colmar, direction le Rhin, sont sortis d'un nuage. Quelques tirs de mitrailleuses et...le ballon était en feu. Un des officiers a été gravement blessé et est mort des suites. Il est le PREMIER MORT de la Huitième Armée. Un monument sur le coté de la route en direction de Appenwihr, venant de Wolfgantzen rappelle cet événement, et aussi la première intervention d'avions allemands.

L'hiver 39/40 était très froid mais il y avait bien du bois dans la forêt.

          Rien de particulier pendant cet hiver.

Voilà que les Allemands passent par le Luxembourg, la Belgique pour arriver en France à partir du 10 mai 1940.

Les deux unités d'artillerie qui n'étaient pas de la division ont été rappelées et dirigées vers l'ennemi.

          Ici, rien de spécial. Les jours passent comme depuis septembre 1939.

Cette attaque allemande était d'une rapidité impensable. La ville de PARIS a été occupée par les Allemands le 14 juin.

A partir du dix juin, les sentinelles rendaient compte de bruits importants venant d'Allemagne. Le commandement n'a pas réagi.

          Par contre, les "Sauvegardes' des villages, aussi de Neuf-Brisach; ont été mis dans l'obligation de quitter rapidement leurs lieux de contrôles.

          Nous voici au 15 juin 1940 à NEUF HEURES précises, les canons ennemis ont donné tout leur possible. De notre coté, il ne restait que les quelques pièces. Cette petite quantité d'armement lourd ne pouvait pas répondre en force aux tirs allemands. Les casemates de la ligne Maginot ont été visées à fond. Certaines ont été démolies. Même des avions se sont acharnés sur certains ouvrages. Inutile d'ajouter que ce branle-bas de combat a causé des morts.

 

        

Rapidement, est arrivée l'heure de quitter les casemates et de se diriger vers les Vosges. Le 28° RIF s'est rendu dans la vallée de Munster. Il est intervenu à plusieurs endroits. Son Colonel a compris qu'il n'est plus possible de combattre l'ennemi, a fait brûler le Drapeau du Régiment. Il a en a gardé un bout.

          Les soldats du 28°RIF ont été fait prisonniers dans les Vosges.

        

          Un monument est installé à l'endroit où le Drapeau a été détruit par le feu, sur les hauteurs des Vosges. Les anciens de cette unité ont aussi implanté un monument à la mémoire de leurs camarades morts au combat.

Ce souvenir est installé sur le terrain d'une casemate

tout à fait au bord du Rhin au village de Vogelgrun.

 

                                      

 

                             

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